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CARIBBEAN

« Le contexte caribéen offre une belle occasion pour le BIOPAMA d’établir des liens et de faire des connexions, pour que les aires protégées de la région en tirent un maximum d’avantages ». Par Hyacinth Armstrong-Vaughn, Coordinatrice BIOPAMA pour les Caraïbes, UICN.

Les Caraïbes ont été identifiées comme l’une des régions les plus riches en biodiversité du monde. Nos environnements marins, côtiers et terrestres abritent certains des organismes les plus captivants de la nature. Surtout, nos ressources naturelles offrent de nombreux services écosystémiques qui sont le moteur de la plupart de nos économies. Le secteur du tourisme est, dans la plupart des pays des Caraïbes, basé sur l’environnement naturel dont jouissent nos îles. Des passionnés de nature viennent plonger dans nos récifs coralliens, faire de la randonnée, observer les oiseaux dans nos mangroves et nos forêts tropicales, ou étudier la ponte des tortues. Nos ressources sont cependant menacées. Avec la prospérité vient en effet le développement d’activités liées à la demande croissante en nourriture, en infrastructures, et à la diversification des secteurs, qui exercent une pression de plus en plus grande sur nos ressources naturelles limitées. 

Les aires protégées existent dans les Caraïbes depuis des années, mais elles sont menacées par une gestion et une capacité en infrastructures limitées. La région profite donc de plusieurs initiatives et projets qui lui offrent un soutien financier et technique vital, afin d’améliorer la gestion et l’exploitation de ses aires protégées. Ces initiatives se font sur site, mais aussi au niveau national et régional, et offrent des formations, des conseils et des infrastructures bien nécessaires, afin de garantir que ces aires protégées remplissent leur raison d’être. Cependant, ces initiatives ont souvent tendance à travailler en isolement, ce qui entraîne une duplication des efforts et un affaiblissement des impacts. 

Dans les Caraïbes, le Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA) couvre 15 pays : géographiquement parlant, il chevauche donc de nombreux projets actuellement mis en œuvre dans la région et focalisés sur les aires protégées. C’est donc une belle occasion pour le BIOPAMA d’établir des liens et de créer des connexions qui permettront aux aires protégées de la région d’en tirer un maximum d’avantages. Des contacts ont déjà été créés avec le Programme pour l’environnement des Caraïbes du PNUE/ le Réseau d’aires marines protégées de la Caraïbe (CaMPAM) du Centre d’activités régional destiné à la mise en œuvre du protocole relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées de la zone Caraïbe (CAR SPAW). Sept agents junior travaillant en aires marines protégées ont pu ainsi bénéficier d’un échange d’apprentissage au Belize. Des efforts sont faits pour que ces expériences professionnelles et très utiles se reproduisent à l’avenir. Le BIOPAMA s’est également associé au projet de Réseau des aires marines protégées de la Caraïbe orientale (ECMMAN) de The Nature Conservancy pour organiser un atelier sur l’amélioration de la gestion des données, pour une meilleure prise de décision. Le suivi de cet atelier a permis de constater la solidification de cette relation, alors que les deux projets abordaient récemment les mécanismes pour intégrer leurs plateformes respectives de gestion des données mises en place pour faciliter la collecte, le catalogage, l’analyse et la production des informations nécessaires à leur gestion quotidienne et à leurs décisions politiques. Les prochaines synergies verront moins de duplication, et des efforts renforcés pour offrir les systèmes de soutien en gestion de données les plus efficaces afin d’améliorer la gestion des aires protégées. 

Le BIOPAMA permet, outre l’occasion de se rattacher à des projets existants, de connecter les utilisateurs aux experts. Les professionnels des aires protégées de la région ont besoin d’un soutien technique pour initier et mettre en place de nombreuses stratégies associées à la gestion efficace des aires protégées. Le BIOPAMA a accès au réseau d’experts de l’UICN – la Commission mondiale des aires protégées et la Commission de sauvegarde des espèces par exemple. Ces groupes d’experts ont des membres régionaux, dont la plupart résident précisément dans les pays qui ont besoin de leur expertise. Le BIOPAMA, en déployant son programme de renforcement des capacités dans la région des Caraïbes, cherchera à établir ces liens et à faire ces connexions, qui ne créent pas forcément des résultats directs mais garantissent des avantages soutenus sur le long terme à tous les niveaux de la gestion des aires protégées. 

Hyacinth Armstrong-Vaughn fait partie de l’équipe du Bureau régional de l’UICN pour la Méso-Amérique et l’Initiative des Caraïbes en tant que Chargée des aires protégées pour le Programme BIOPAMA. Mme Armstrong-Vaughn possède une expérience significative dans la conception, la gestion et la réalisation de projets environnementaux dans les Caraïbes. Avant de rejoindre l’UICN, elle a géré la composante Gestion et éducation marine et côtière du projet ICRAN (Réseau international d’action pour la barrière de corail), dans le sud-est des Caraïbes.

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