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EASTERN & SOUTHERN AFRICA

Chaque jour, l’information disponible sur les aires protégées oriente les décisions sur leur gestion et, plus globalement, sur leur contribution pour les stratégies et politiques au niveau national, régional et mondial pour la conservation et le développement durable. Pourtant, et malgré tous les efforts, le déclin de la biodiversité dans certains pays et régions ne ralentit pas. Alors comment garantir un accès facile et une information de grande qualité, nécessaires pour prendre de bonnes décisions ?

Le Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA) de l’UE-ACP a été conçu comme une solution pour dépasser les obstacles auxquels font face les gouvernements d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique sur ce sujet. Une des principales fonctionnalités de ce programme est l’étroite collaboration avec les initiatives actuelles, afin d’offrir des connaissances et des compétences aux personnes chargées de protéger les aires protégées et les espèces qu’elles abritent, les écosystèmes qu’elles protègent, les avantages qu’elles offrent aux populations et les services essentiels qu’elles offrent pour lutter contre les problèmes environnementaux mondiaux, notamment l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets. 

La région d’Afrique orientale et australe offre un exemple probant des avantages et de la variété des partenariats, lesquels ont pour conséquence une meilleure information pour les décisions relatives aux aires protégées. Dans cette région, l’équipe du BIOPAMA travaille depuis un peu plus de 3 ans au renforcement des relations et des partenariats, afin d’atteindre le principal objectif qui est l’amélioration de la prise de décision pour les aires protégées. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un défi de taille, difficilement réalisable pour une seule organisation. Mettre en place une information et des outils efficaces et utiles à la prise de décision demande un effort concerté de la communauté de la conservation. Voici le postulat à partir duquel l’équipe a travaillé pour mettre en œuvre le Programme BIOPAMA dans la région. 

L’approche choisie pour la mise en œuvre du programme en Afrique orientale et australe inclut la collaboration avec quatre Communautés économiques régionales, et avec des initiatives existantes ayant des intérêts similaires envers le développement de systèmes et d’outils analytiques de gestion des données des aires protégées. La région d’Afrique orientale et australe est diverse, et ces partenariats garantissent que les besoins sous-régionaux spécifiques sont correctement abordés par le biais des objectifs de ces collaborations. 

Dans la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) par exemple, des partenariats solides ont été créés avec la Fondation Peace Parks (PPF) et le Programme de soutien aux Zones transfrontalières de conservation de l’Agence allemande GIZ – des acteurs soutenant activement la région dans la mise en œuvre réussie des Zones transfrontalières de conservation. Les Zones transfrontalières de conservation adoptent des approches à l’échelle du paysage pour la conservation, qui contribuent significativement à la préservation de la principale biodiversité de la région. Avec les États membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe, la Fondation PPF et l’Agence allemande GIZ, le BIOPAMA soutient la mise en place d’un système durable d’informations sur les Zones transfrontalières de conservation qui relie toutes les initiatives existantes des partenaires et s’appuie sur leurs importantes bases de données et réseaux pour offrir une ressource de plus grande valeur à la communauté des Zones transfrontalières de conservation. 

En Afrique orientale, le BIOPAMA travaille avec le Secrétariat de la Communauté d’Afrique orientale et ses forums pour s’engager avec les États partenaires et améliorer les initiatives existantes dans la région. Citons notamment l’étroite collaboration avec le projet PREPARED financé par l’USAID, avec la Commission du bassin du lac Victoria, et qui est actuellement en cours de développement. Ces initiatives partagent des intérêts communs, et notamment l’amélioration de la pertinence des données et des informations sur la biodiversité disponibles pour la prise de décision. Le contexte sous-régional donne à l’Observatoire de la Communauté d’Afrique orientale et à sa plateforme d’information sur les aires protégées un mandat clair sur lequel s’appuyer et s’inspirer pour relier les projets futurs, afin de rationnaliser la gestion et l’utilisation des informations liées aux aires protégées et à la biodiversité. 

Des modèles similaires de partenariats sont actuellement recherchés dans les régions couvertes par l’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement) et l’IOC (Commission de l’océan Indien), où le BIOPAMA est vu comme un partenaire précieux pour offrir un cadre et des outils analytiques pour les systèmes régionaux de gestion des données et de l’information. Au sein de l’Autorité intergouvernementale pour le développement, le Système régional d’information de référence peut relier les centres de données nationaux déjà créés par le Programme de gestion de la biodiversité de l’IGAD et permettre la collecte d’informations d’autres partenaires comme le Système mondial d’informations sur la biodiversité (GBIF), le Centre mondial de suivi de la conservation (CMSC) du PNUE, le Centre pour la recherche et le développement des océans côtiers – océan Indien (CORDIO) CORDIO etc., et les intégrer dans le système régional. Dans la région de la Commission de l’océan Indien, un autre projet financé par l’UE – le projet pour la gestion de la biodiversité de la Commission de l’océan Indien – prépare activement un aperçu des centres et bases de données existants et le BIOPAMA offre le modèle de l’Observatoire de la Commission de l’océan Indien comme cadre pour faciliter la collecte et l’analyse des données pour informer les décisionnaires. 

Ces exemples sont la preuve évidente que le collectif est bien plus fort que la somme de ses parties individuelles, et cela n’est possible que grâce à un effort de partenariat concerté. Dans le cas du BIOPAMA, les relations construites avec les Communautés économiques régionales ont constitué une porte d’accès à l’engagement avec les États membres/partenaires, ainsi qu’avec les projets existants de chaque région, ce qui est essentiel pour la durabilité à long terme des « Observatoires pour les aires protégées et la biodiversité » et leur pertinence régionale pour offrir des analyses et des outils à la prise de décision. 

Comment pouvons-nous améliorer l’utilisation des partenariats pour encourager la durabilité ?Christine Mentzel, Coordinatrice du travail du BIOPAMA en Afrique orientale et australe, affirme : «La mise en réseau et le développement de partenariats sont souvent assumés dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet et d’un programme. Cependant, ils sont en soi un facteur essentiel de succès pour n’importe quel projet ou programme, car les relations et les réseaux sont des mécanismes essentiels par lesquels nous agissons quotidiennement. Une fois ce postulat accepté, et si nous prenons les décisions et les plans stratégiques pertinents sur le type de relations qui servent le mieux les résultats et les effets désirés, nous pourrons influencer le succès et la durabilité de n’importe quelle initiative. Ces relations sont souvent nécessaires au niveau institutionnel, mais elles commencent toutes au niveau personnel. Elles sont la base, aux côtés du capital humain qui est si important pour la mise en œuvre réussie d’un projet et qui peut grandement améliorer la durabilité à long terme d’un objectif plus vaste. »

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